Aller au contenu principal
Récitus Histoire
Récitus Histoire

1980 à nos jours

L’égalité hommes-femmes et les revendications féministes
Revendications sociales

3. L’égalité hommes-femmes et les revendications féministes

Intention décrire

Décrire la diversification des objectifs des revendications féministes.

Texte et vidéo féminisme

À la fin du 20e siècle, les femmes poursuivent leur lutte pour l’égalité hommes-femmes et elles continuent d’accroitre leur présence sur le marché de travail. Les associations féministes intensifient leur contestation des inégalités socioéconomiques qui touchent les femmes, de même que leurs revendications en matière d’équité salariale, de conciliation travail-famille et de parité. En 1988, les femmes canadiennes réalisent un gain important avec la décriminalisation complète de l’avortement, ce qui leur permet d’interrompre une grossesse en fonction de leur propre décision.

En plus d’appuyer les travailleuses, le mouvement féministe se diversifie en portant des revendications sur une multitude d’enjeux sociaux, culturels et identitaires. En effet, des féministes de différents horizons luttent entre autres contre le sexisme, le racisme, le capacitisme, l'homophobie et la transphobie. La diversification des luttes témoigne du vaste prisme d’opinions qui peuvent s’entrechoquer dans les groupes féministes, un phénomène qui permet toutefois de montrer qu’une même personne peut être touchée par plusieurs enjeux.

Vérifie tes connaissances

La lutte contre la violence envers les femmes

In memoriam : Geneviève Bergeron, Nathalie Croteau, Anne-Marie Edward, Maryse Laganière, Anne-Marie Lemay, Michèle Richard, Annie Turcotte, Hélène Colgan, Barbara Daigneault, Maud Haviernick, Maryse Leclair, Sonia Pelletier, Annie St-Arneault, Barbara Klucznik Widajewicz. 6 décembre 1989.

Source : Bobanny, Monument en commémoration des victimes du féminicide de l’École Polytechnique de Montréal (21 avril 2007), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

La lutte contre la violence envers les femmes

La lutte contre la violence faite aux femmes représente un des enjeux communs aux divers courants du mouvement féministe. De nos jours, les femmes continuent d’être exposées à plusieurs formes de violences simplement à cause de leur sexe. En plus de dénoncer ces violences, les organisations féministes soutiennent les victimes des violences conjugales, des discours et des actes misogynes ainsi que des féminicides. Survenue le 6 décembre 1989, la tragédie du féminicide de l’École Polytechnique de Montréal, où 14 jeunes femmes périrent sous les balles d’un homme, est un exemple de ces violences qui imprègnent la mémoire collective.

Image et texte : Les femmes autochtones

Source : La Presse canadienne et Sean Kilpatrick, Survivantes des pensionnats durant la Commission de vérité et réconciliation (2015), La Presse canadienne, CP13382661. Licence : image utilisée avec la permission de la Presse canadienne, tous droits réservés.

Image et texte : Les femmes autochtones

Les femmes autochtones sont grandement affectées par la violence : elles risquent davantage d’être victimes de violence que les femmes non autochtones. À la suite de pressions exercées par les nations autochtones durant plusieurs années, le gouvernement canadien mène une enquête entre 2016 et 2019 sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Les femmes autochtones continuent de lutter contre la violence et de sensibiliser la population canadienne à leur réalité.

Intention 3.1

Décrire des revendications du mouvement féministe et une intervention du gouvernement québécois pour limiter les inégalités socioéconomiques.

3.1 LES INÉGALITÉS SOCIOÉCONOMIQUES ET L'ÉQUITÉ SALARIALE

Source : La Presse canadienne, Marche « Du pain et des roses » (1995), La Presse canadienne, CP2538014. Licence : image utilisée avec la permission de la Presse canadienne, tous droits réservés.

3.1 LES INÉGALITÉS SOCIOÉCONOMIQUES ET L'ÉQUITÉ SALARIALE

Dans les années 1990, les militantes féministes revendiquent une amélioration de la situation économique des femmes, qui demeurent généralement plus vulnérables à la pauvreté que les hommes. Pour dénoncer cette situation, la Fédération des femmes du Québec organise la marche « Du pain et des roses » en 1995, un évènement de plusieurs jours qui rassemble des milliers de femmes sur un parcours de 200 kilomètres.

Texte et genially : Sous l’égide de Françoise David

Sous l’égide de Françoise David et de Manon Massé, la marche « Du pain et des roses » se rend à l'Assemblée nationale, où le gouvernement de Jacques Parizeau répond aux revendications des femmes devant une foule de milliers de personnes. Le gouvernement péquiste annonce notamment une hausse du salaire minimum, la perception automatique des pensions alimentaires, la création de 1 200 logements sociaux et l'instauration d’un programme pour améliorer l’accès des femmes au marché du travail.

Intention 3.2

Décrire la conciliation travail-famille et la parité comme moyens de favoriser l’atteinte de l’égalité hommes-femmes.

3.2 LA CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE ET LA PARITÉ

Source : AFEAS, Le travail invisible, ça compte! Journée du travail invisible : campagne de sensibilisation (entre 2001 et 2004), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notice 0002628904. Licence : image utilisée avec la permission de l’AFEAS, tous droits réservés.

3.2 LA CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE ET LA PARITÉ

Depuis les années 1960, le mouvement féministe remet en question les valeurs selon lesquelles les femmes se doivent d’assumer l’ensemble des responsabilités domestiques et familiales. Malgré la lutte contre les stéréotypes sexistes, les femmes continuent souvent de porter une plus grande charge que les hommes en ce qui concerne les travaux domestiques et l’organisation de la vie familiale.

De nombreuses femmes doivent ainsi choisir entre leurs ambitions professionnelles et personnelles, un enjeu qui préoccupe de plus en plus l’État québécois à la fin du 20e siècle. En effet, le gouvernement provincial réforme d’abord le droit de la famille en 1981 pour établir l’égalité juridique des époux, mutuellement responsables de l’éducation de leurs enfants. Grâce à cette loi, les femmes gardent dorénavant leur nom de famille lorsqu’elles se marient, ne pouvant plus prendre celui de leur époux. Dans les années 1990, l’élaboration de la politique familiale par le gouvernement québécois répond également à l’enjeu de la conciliation travail-famille, puisque les centres de la petite enfance soutiennent les femmes qui veulent réintégrer leur emploi après leur congé de maternité.

La présence accrue des femmes sur le marché du travail ne s’accompagne pas toujours d’un changement de mentalités dans les partis politiques, les organismes publics et les entreprises privées. Dans les années 1980, les femmes demeurent minoritaires dans les postes décisionnels importants, que ce soit en tant que ministre du gouvernement québécois, directrice dans une société d’État ou comme membre du conseil d'administration d’une compagnie privée. Au cours des décennies suivantes, la parité devient ainsi une revendication des organisations féministes, de même qu’un objectif à atteindre pour les gouvernements et les entreprises qui partagent cette préoccupation.