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Récitus Histoire
Récitus Histoire

1791 - 1840

Les changements démographiques et les mouvements migratoires
Territoire, société et économie

2. Les changements démographiques et les mouvements migratoires

Intention

Identifier la composition démographique de la colonie sous l’Acte constitutionnel et les changements qui la transforment.

Après la Conquête, la population...

Source : Peter Rindibascher, Le départ de Dortrecht sous le commandement du Capitaine James Falbister, le 30 mai 1821 (1821). Bibliothèque et Archives Canada, 2895360. Licence : domaine public.

Après la Conquête, la population...

Après la Conquête, la population coloniale demeure majoritairement francophone malgré les efforts de la couronne britannique qui souhaite encourager l’immigration en provenance de la métropole. Après la révolution américaine, l’immigration de plusieurs milliers de Loyalistes augmente le nombre d’anglophones dans la Province de Québec, mais ceux-ci demeurent minoritaires lors de l’adoption de l’Acte constitutionnel de 1791.

Au début du 19e siècle, l’immigration... + graphiques

Au début du 19e siècle, l’immigration en provenance des iles britanniques entraine des changements sociaux dans la colonie de la vallée du Saint-Laurent. En effet, plus de 800 000 immigrants débarquent dans le port de Québec entre 1815 et 1851 pour s’installer dans une des colonies britanniques de l’Amérique du Nord. Cette arrivée massive de Britanniques augmente la proportion d’anglophones au sein de la population du Bas-Canada, mais les francophones demeurent tout de même majoritaires au plan démographique.

Au début du 19e siècle, l’immigration... + graphiques

Source des données : Gilles Laporte, Infographies.quebec. Le Québec et son histoire d’un simple coup d'œil, Sillery, Septentrion, 2018, infographie 19.

Source des graphiques : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Au début du 19e siècle, l’immigration... + graphiques

Source des données : Gilles Laporte, Infographies.quebec. Le Québec et son histoire d’un simple coup d'œil, Sillery, Septentrion, 2018, infographie 19.

Source des graphiques : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

En plus de modifier la composition linguistique...

Source : Auteur inconnu, « Des émigrants irlandais quittant leur pays reçoivent la bénédiction du prêtre », Canadian Illustrated News, 10 mai 1851, p. 386, en ligne sur Bibliothèque et Archives Canada, 4627493. Licence : domaine public.

En plus de modifier la composition linguistique...

En plus de modifier la composition linguistique de la population, les immigrants en provenance de la Grande-Bretagne contribuent à l’augmentation des populations du Haut-Canada et du Bas-Canada. Alors que la population bas-canadienne passe d’environ 70 000 à presque 700 000 habitants entre 1790 et 1840, la population haut-canadienne atteint environ 430 000 personnes en 1840.

Deux graphiques population

Source des données : Statistiques du Canada. Recensements du Canada, 1665 à 1871 (1876). En ligne sur Canadiana. Licence : domaine public.

Source du graphique : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Deux graphiques population

Source des données : Statistiques du Canada. Recensements du Canada, 1665 à 1871 (1876). En ligne sur Canadiana. Licence : domaine public.

Source du graphique : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

L'immigration au début du 19e siècle

Source : Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, La bataille de Waterloo : les Britanniques reçoivent la charge des cuirassiers français (1874). Victoria and Albert Museum, 84-1880, O133043. Licence : utilisation permise dans un contexte éducatif, selon la licence du V&A.

L'immigration au début du 19e siècle

Après la Révolution française de 1789, des guerres éclatent entre la République française et plusieurs royaumes européens, dont la Grande-Bretagne. Au début des années 1800, les guerres napoléoniennes opposent l’Empire français de Napoléon Bonaparte au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. En 1815, la défaite de Napoléon entraine la chute de l’Empire français et le début d’une paix entre la France et la Grande-Bretagne.

À la fin des guerres napoléoniennes,..

Source : Auteur inconnu, Navire d’émigration - entre les ponts (1851), Bibliothèque et Archives Canada, 2956054. Licence : domaine public.

À la fin des guerres napoléoniennes,..

À la fin des guerres napoléoniennes, la Grande-Bretagne renforce son emprise sur la diplomatie, le commerce et le transport maritime à l’échelle mondiale. Cependant, une baisse importante du prix des produits agricoles désavantage les agriculteurs des iles britanniques. Dès lors, de nombreux fermiers décident de vendre leurs terres à de grands propriétaires afin de financer leur traversée de l’océan Atlantique et leur installation dans une colonie d’Amérique du Nord.

Encadré caricature

Traduction des pancartes de gauche à droite :

  • « Appartements à louer, Bois pour la construction », « Belles terres pour cultiver du blé si vous pouvez la défricher », « Belles terres pour l’élevage, seulement 300 mètres sous la neige »

Source : Robert Cruikshank, Le souhait de bienvenue du Canada aux émigrants (vers 1820). Bibliothèque et Archives Canada, 2836452. Licence : domaine public.

Encadré caricature

Au début du 19e siècle, plusieurs milliers d’Irlandais en quête de terres et de travail choisissent de s’établir dans les colonies des Maritimes, du Bas-Canada et du Haut-Canada. Beaucoup d’immigrants irlandais choisissent le Bas-Canada pour continuer de pratiquer le catholicisme, une religion qu’ils partagent avec les Canadiens.

En parallèle, des milliers de personnes en provenance de l’Angleterre et de l’Écosse s’établissent dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Ces immigrants choisissent généralement les Maritimes et le Haut-Canada en raison des similitudes qu’ils partagent avec une population coloniale majoritairement anglophone, protestante et loyale envers la couronne britannique. 

À la fin des années 1820, une moyenne de...

Source : George John Pinwell, « Le distributeur de la mort », publié dans le magazine Fun, 1866, en ligne sur Google Arts & Culture. Licence : domaine public.

À la fin des années 1820, une moyenne de...

À la fin des années 1820, une moyenne de 30 000 immigrants arrive chaque année dans le port de la ville de Québec, dont plus de la moitié sont d’origine irlandaise. Ces immigrants britanniques choisissent de s’établir sur une terre agricole ou dans les villes portuaires pour trouver un travail. En plus de leurs motivations économiques, les immigrants britanniques cherchent à fuir les épidémies de choléra qui frappent la métropole à cette époque. Ces épidémies découlent de la pandémie de choléra qui se propage depuis 1829 à partir des Indes et de l’Empire russe avant d’atteindre le Royaume-Uni en 1831.

Face aux épidémies qui déciment Londres durant l’hiver de 1832, les autorités du Bas-Canada tentent de se préparer à l’arrivée des navires au printemps en adoptant des mesures pour freiner la propagation du choléra. Parmi ces mesures, il y a la mise sur pied d’une station de quarantaine sur une ile du fleuve Saint-Laurent près de la ville de Québec. Dès mai 1832, cette station connue sous le nom de Grosse-Île accueille des bateaux en provenance d’Irlande chargés de passagers, dont plusieurs sont atteints du choléra après une traversée dans des conditions sanitaires précaires.

Malgré la mise en quarantaine des passagers...

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Malgré la mise en quarantaine des passagers...

Malgré la mise en quarantaine des passagers de certains navires, une épidémie de choléra se propage rapidement au Bas-Canada, ce qui entraine la mort d’environ 10 000 personnes dans les mois qui suivent. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, les avancées scientifiques permettent de comprendre le mode de transmission du choléra et de mieux freiner sa transmission dans certaines villes industrialisées en améliorant l’accès à une eau de qualité.

L'abolition de l'esclavage

Source : Katherine Jane Ellis, Table d’hôte, Catskill, New York (1838), Bibliothèque et Archives Canada, 2895816. Licence : domaine public.

L'abolition de l'esclavage

Dans les années 1790, environ 300 esclaves noirs se trouvent au Bas-Canada et entre 500 à 700 d’entre eux se trouvent au Haut-Canada. Plusieurs de ces personnes assujetties à l’esclavage arrivent en provenance des États-Unis avec leurs propriétaires loyalistes après la guerre d’indépendance. La majorité des membres de la Chambre d’assemblée du Haut-Canada possèdent des esclaves. Au Bas-Canada, environ le tiers des élus de la Chambre d’assemblée possèdent des esclaves au début des années 1790. En 1793, cette Chambre d’assemblée vote d’ailleurs à la quasi-unanimité contre un projet d’abolition de l’esclavage au Bas-Canada.

La remise en question de l'esclavagisme...

Source : James Hope-Wallace, Serveur noir à bord du navire à vapeur British America (1838), Bibliothèque et Archives Canada, 2898428. Licence : domaine public.

La remise en question de l'esclavagisme...

La remise en question de l'esclavagisme amorcée dans les années 1770 dans la métropole commence à se faire sentir dans les colonies britanniques à la fin du 18e siècle. En plus des journaux qui publient des textes en faveur de l’abolition de l’esclavage, la Chambre d’assemblée du Haut-Canada adopte l’Acte contre l’esclavage en 1793, une loi qui vise l’abolition progressive de l’esclavage. En effet, les esclaves en provenance des États-Unis sont affranchis lorsqu’ils arrivent sur le territoire du Haut-Canada. Toutefois, les habitants du Haut-Canada qui possèdent déjà des esclaves peuvent les conserver et le Bas-Canada maintient le droit de vendre des esclaves jusqu’à l’abolition de leur transport et de leur vente par le Royaume-Uni en 1807.

En 1833, le Parlement du Royaume-Uni adopte le Décret pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques pour le développement du travail des esclaves émancipés et pour indemniser les personnes ayant droit aux services de ces esclaves. Cette Loi sur l’abolition de l’esclavage entre en vigueur le 1er aout 1834 dans tout l’Empire britannique et elle entraine l’affranchissement de plus de 800 000 esclaves dans les colonies des Caraïbes, de l’Afrique du Sud et du Canada. Jusqu’à l’abolition de l’esclavage aux États-Unis avec l'adoption du treizième amendement en 1865, plus 30 000 esclaves choisissent de se rendre dans les colonies britanniques du Canada pour obtenir leur liberté.

L’adoption d’une loi qui abolit l’esclavage...

Source : Auguste Raffet, Combat et prise de la Crête-à-Pierrot du 4 au 24 mars 1802 (1839), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

L’adoption d’une loi qui abolit l’esclavage...

L’adoption d’une loi qui abolit l’esclavage ne dépend pas uniquement des pressions faites par les abolitionnistes britanniques. L’adoption de cette loi est rendue possible par la résistance des personnes assujetties à l’esclavage qui prend forme sous plusieurs facettes. Par exemple, ces personnes résistent par leurs actions quotidiennes de résilience ou de résistance sur les plantations ou les navires ainsi que par des révoltes contre les propriétaires d’esclaves. Les personnes assujetties à l’esclavage s’opposent même aux autorités coloniales qui maintiennent l’esclavagisme, comme dans le cas de la révolution haïtienne qui se déroule entre 1791 et 1804.

Genially Des personnes qui ont résisté à l'esclavage