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Récitus Histoire
Récitus Histoire

1791 - 1840

Les rébellions des patriotes
Revendications et luttes nationales

2. Les rébellions des patriotes

Intention

Déterminer les causes et le déclencheur des rébellions des patriotes. Décrire le déroulement des évènements qui composent les soulèvements.

2.1 Les déclencheurs des rébellions

Source : Jean-Claude Légaré, La dernière session du Parlement du Bas-Canada, 1837 (2008), Assemblée nationale du Québec. Licence : utilisation permise pour un usage non commercial, selon la licence de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec.

2.1 Les déclencheurs des rébellions

À la suite du rejet des 92 résolutions par la métropole, les patriotes intensifient leurs protestations contre les autorités coloniales. Ces protestations prennent forment à l’extérieur de la Chambre d'assemblée, grâce à des assemblées populaires qui rassemblent de nombreuses communautés locales à travers le Bas-Canada. Lors de ces assemblées, les patriotes dénoncent les 10 résolutions de Lord Russell, ils remettent en question le pouvoir des autorités coloniales et ils organisent la suite de leurs revendications politiques.

Pour manifester leur opposition, les...

Source des données : Yvan Lamonde, Brève histoire des idées au Québec, 1763-1965, Montréal, Boréal, 2019.

Source du tableau : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Pour manifester leur opposition, les...

Pour manifester leur opposition, les patriotes appellent notamment au boycottage des produits en provenance de la Grande-Bretagne et proposent à la population d’acheter seulement des vêtements confectionnés au Bas-Canada. Durant l’été de 1837, le gouverneur Gosford interdit les assemblées populaires et il dissout à nouveau la Chambre d’assemblée, ce qui alimente la radicalisation des patriotes.

Malgré l’interdiction du gouverneur, les...

Source : Charles Alexander Smith, L'Assemblée des six comtés à Saint-Charles-sur-Richelieu en 1837 (1891), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

Malgré l’interdiction du gouverneur, les...

Malgré l’interdiction du gouverneur, les patriotes continuent d’organiser des assemblées populaires. En octobre 1837, l’Assemblée des six-comtés réunit environ 6 000 personnes pour stimuler la mobilisation des citoyens de la rive sud de Montréal. Alors que Wolfred Nelson propose de prendre les armes, Louis-Joseph Papineau soutient que la lutte doit se poursuivre par le biais de réformes politiques et de mesures économiques. Lors de cette assemblée, le ton révolutionnaire de certains discours et le soutien des patriotes envers la Société des Fils de la Liberté annoncent le tournant militaire de la lutte nationale.

Les idées libérales et républicaines...

Source : Edmond-Joseph Massicotte, Faits et légendes de 1837-38 (1898), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0002748057. Licence : domaine public.

Les idées libérales et républicaines...

Les idées libérales et républicaines des patriotes pour des institutions plus démocratiques rejoignent celles de plusieurs milliers de citoyens du Bas-Canada. Toutefois, ces idées ne font pas l’unanimité au sein de la population canadienne. Par exemple, le haut clergé catholique demande aux Canadiens de ne pas soutenir le mouvement patriote en rejetant les idées qu’ils défendent et en évitant de participer aux assemblées publiques. L’évêque Monseigneur Lartigue demande également aux prêtres qui forment le bas clergé catholique de ne pas participer à la vie politique de leurs paroisses respectives. Au sein du bas clergé catholique, la majorité des prêtres condamnent les positions libérales de leurs paroissiens qui adhèrent au mouvement patriote.

Au sein de la population du Bas-Canada, la minorité...

Source : T. Giret Bognet, Affrontement du Doric Club contre les Fils de la Liberté en 1837 (1890), Encyclopédie canadienne. Licence : domaine public.

Au sein de la population du Bas-Canada, la minorité...

Au sein de la population du Bas-Canada, la minorité anglophone et protestante s’oppose également au mouvement patriote. Parmi cette minorité, certains se regroupent pour défendre la couronne et les institutions britanniques. Les plus radicaux forment le Doric Club pour se préparer à combattre avec les armes les idées libérales et républicaines promues par les patriotes. Le gouverneur Gosford perçoit ces groupes paramilitaires comme un danger pour la paix même si ces derniers prétendent soutenir les intérêts britanniques.

Dans ce contexte de polarisation et de...

Source : Katherine Jane Ellice, Les insurgés à Beauharnois, Bas-Canada (1838). Bibliothèque et Archives Canada, 2894980. Licence : domaine public.

Dans ce contexte de polarisation et de...

Dans ce contexte de polarisation et de radicalisation de la société bas-canadienne, le Doric Club confronte les Fils de la Liberté et il vandalise les maisons de certains patriotes de même que les bureaux d’un journal appuyant leurs idées. Après la confrontation violente entre le Doric Club et les Fils de la Liberté, le gouverneur lance un mandat d’arrestation contre 26 chefs du mouvement patriote, ce qui marque le début des affrontements armés entre les patriotes et l’armée britannique.

2.2 Les conflits armés au Bas-Canada

Source : Charles W. Jefferys, L’avancée des troupes britanniques sur le village de Saint-Denis, 1837 (1916). Bibliothèque et Archives Canada, 2944018. Licence : domaine public.

2.2 Les conflits armés au Bas-Canada

À la mi-novembre, l’armée britannique cherche les chefs patriotes pour les arrêter alors que les patriotes s’organisent militairement. Dans plusieurs villages près de Montréal, les patriotes réquisitionnent des armes, préparent des ravitaillements et organisent des camps pour accueillir leurs troupes. Malgré une première victoire des patriotes à Saint-Denis le 23 novembre 1837, les troupes britanniques remportent les batailles de Saint-Charles et de Saint-Eustache. Pour réprimer le soulèvement de 1837, l’État colonial arrête des centaines de patriotes tandis que les combattants britanniques incendient et pillent les villages au cœur du conflit.

2 images Saint-Charles

Source : Lord Charles Beauclerk, Passage fortifié : le colonel Wetherall avance vers Saint-Charles pour prendre la ville, 25 novembre 1837 (1840), Bibliothèque et Archives Canada, 2895457. Licence : domaine public.

2 images Saint-Charles

Source : Lord Charles Beauclerk, Attaque contre Saint-Charles, 25 novembre 1837 (1840), Bibliothèque et Archives Canada, 2837361. Licence : domaine public.

Après la défaite des patriotes à Saint-Eustache, le... + 2 images

Après la défaite des patriotes à Saint-Eustache, le gouvernement britannique suspend la constitution, ce qui retire la possibilité pour la population bas-canadienne d’élire des députés à la Chambre d’assemblée. Ce recul de la démocratie prend aussi forme avec la création du Conseil spécial dont les membres sont choisis par le gouverneur. Entre 1838 et 1841, ce conseil détient tous les pouvoirs pour administrer le Bas-Canada.

Après la défaite des patriotes à Saint-Eustache, le... + 2 images

Source : Lord Charles Beauclerk, Vue de l'arrière de l'église de Saint-Eustache et dispersion des insurgés, 14 décembre 1837 (1840), Bibliothèque et Archives Canada, 2837364. Licence : domaine public.

Après la défaite des patriotes à Saint-Eustache, le... + 2 images

Source : Lord Charles Beauclerk, Vue de face de l'église de Saint-Eustache occupée par les insurgés, dans laquelle l'artillerie entre de force, 14 décembre 1837 (1840), Bibliothèque et Archives Canada, 2895454. Licence : domaine public.

En parallèle aux mesures de répression...

Source : A. H. Wallace, Les exilés canadiens (1838, copie de 1925), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P266,S3,SS1,P71. Licence : domaine public.

En parallèle aux mesures de répression...

En parallèle aux mesures de répression prises par l’État colonial, de nombreux patriotes s’exilent vers les États-Unis pour organiser leur riposte. Un groupe de patriotes rejoint Robert Nelson pour organiser la suite du conflit armé sans le soutien de Louis-Joseph Papineau. En plus des stratégies militaires, ces patriotes préparent la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada. Ce document signé par Robert Nelson vise à affirmer la souveraineté de la colonie face à la métropole britannique à la manière de la Déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776.

En novembre 1838, les patriotes...

Source : Henri Julien, Exécution des rebelles devant la prison de Montréal (date inconnue), Bibliothèque et Archives Canada, 2924336. Licence : domaine public.

En novembre 1838, les patriotes...

En novembre 1838, les patriotes déploient une nouvelle offensive qui mène notamment aux batailles de Beauharnois, de Lacolle et d'Odelltown. Pour répliquer, l’armée britannique prépare de nouvelles mesures de répression comme la suspension de l’habeas corpus. Cette mesure permet aux autorités britanniques d’arrêter des personnes sans justifications, ce qui conduit à l’arrestation de plus de 800 patriotes en 1838.  Le gouvernement de la colonie instaure ensuite une cour martiale formée par 15 officiers de l’armée britannique. Cette cour juge une centaine de patriotes accusés de haute trahison, dont la majorité est condamnée à mort. En 1838 et 1839, l’application des peines mène à l’exécution de 12 patriotes par pendaison devant public et à la déportation de 58 hommes vers l’Australie, une colonie de l’Empire britannique.

Citation - extrait déclaration

Extrait de la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada, 22 février 1838

« DÉCLARONT SOLENNELLEMENT:

  • 1. Qu’à compter de ce jour, le Peuple du Bas-Canada est ABSOUS de toute allégeance à la Grande-Bretagne, et que toute connexion politique entre cette puissance et le Bas-Canada CESSE dès ce jour.
  • 2. Que le Bas-Canada doit prendre la forme d’un gouvernement RÉPUBLICAIN et se déclare maintenant, de fait, RÉPUBLIQUE.
  • 3. Que sous le Gouvernement libre du Bas-Canada, tous les citoyens auront les mêmes droits; les [Autochtones] cesseront d’être sujets à aucune disqualification civile quelconque, et jouiront des mêmes droits que les autres citoyens de l’État du Bas-Canada.
  • 4. Que toute union entre l’Église et l’État est déclarée abolie, et toute personne a le droit d’exercer librement la religion et la croyance que lui dicte sa conscience. [...]
  • 11. Qu’il y aura liberté pleine et entière de la Presse dans toutes les matières et affaires publiques. [...]
  • 18. Qu’on se servira des langues Français et Anglais dans toutes matières publiques.

Par Ordre du Gouvernement Provision, Robert NELSON, Président. »

Source : Robert Nelson, « Déclaration d’indépendance du Bas-Canada, 22 février 1838 », dans Yvan Lamonde et Claude Corbo (eds.), Le rouge et le bleu, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1999, p. 124-126.

 

2.3 Les rébellions au Haut-Canada

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

2.3 Les rébellions au Haut-Canada

Au début du 19e siècle, les revendications politiques de la population ne sont pas limitées au Bas-Canada. Au Haut-Canada, des politiciens du Parti réformiste dénoncent eux aussi l’emprise de l’oligarchie britannique, aussi nommée le « Family Compact », sur le pouvoir et revendiquent une structure plus démocratique dans leur colonie. À l’instar du Bas-Canada, les élus de la Chambre d’assemblée du Haut-Canada ont peu d’influence sur la vie politique en raison du pouvoir que détiennent le gouverneur et le Conseil législatif.

Jusqu’en 1836, les réformistes...

Source : John George Howard, Les édifices du Parlement et les cabanes des émigrants (1834), Fiducie du patrimoine ontarien. Licence : contient de l’information visée par la Licence du gouvernement ouvert – Ontario.

Jusqu’en 1836, les réformistes...

Jusqu’en 1836, les réformistes forment le parti majoritaire à la Chambre d'assemblée du Haut-Canada. Comme les patriotes, ces réformistes fondent leurs revendications sur les idées libérales et républicaines, ce qui préoccupe le gouvernement du Haut-Canada. Dans la foulée de la radicalisation des patriotes au Bas-Canada, les réformistes du Haut-Canada se radicalisent en organisant un boycottage des produits importés et en constituant leurs propres forces militaires pour faire face à l’armée britannique.

Du côté du Haut-Canada, les rébellions...

Source : John Richard Coke Smyth, Attaque et défaite des rebelles à Dickinson Landing, Haut-Canada (1840), Bibliothèques et Archives Canada, 2837793. Licence : domaine public.

Du côté du Haut-Canada, les rébellions...

Du côté du Haut-Canada, les rébellions de 1837 et 1838 conduisent à plusieurs batailles entre les rebelles et les troupes britanniques qui dominent les combats. Une de ces batailles entraine l'exécution de 11 rebelles et la déportation d’une soixantaine de prisonniers vers une ile de Tasmanie. Les autorités coloniales utilisent des mesures de répression comme la cour martiale pour juger et condamner les rebelles du Haut-Canada.