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Récitus Histoire
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1791 - 1840

L'influence du libéralisme et des conflits de l'Empire britannique sur la colonie
Vie politique

2. L'influence du libéralisme et des conflits de l'Empire britannique sur la colonie

Intention

Déterminer les changements liés au mouvement occidental de libération nationale, à l’émergence du libéralisme politique au Bas-Canada et aux relations diplomatiques entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

2.1 LE MOUVEMENT OCCIDENTAL DE LIBÉRATION NATIONALE ET LE LIBÉRALISME POLITIQUE

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

2.1 LE MOUVEMENT OCCIDENTAL DE LIBÉRATION NATIONALE ET LE LIBÉRALISME POLITIQUE

La montée d’un nationalisme canadien au Bas-Canada s’inscrit dans un mouvement qui prend forme à l’échelle occidentale. En Amérique, plusieurs nations émergent à partir des colonies établies au cours des 16e, 17e et 18e siècles par des royaumes européens. Ces nations sont principalement fondées sur l’appartenance à des caractéristiques culturelles, sociales et politiques particulières à chacune. L’importance que prend la nation pousse plusieurs colonies à demander une plus grande autonomie face à leurs métropoles, voire leur indépendance comme dans le cas des États-Unis d’Amérique. Entre 1804 et 1828, plus de 10 colonies d’Amérique centrale et du Sud obtiennent leur indépendance après diverses actions politiques, parfois très violentes.

En plus de remettre en question le pouvoir ...

Source : Thomas Rowlandson et al., La Chambre des Communes au Parlement du Royaume-Uni (1808), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

En plus de remettre en question le pouvoir ...

En plus de remettre en question le pouvoir des empires européens, les actions des colonies sont inspirées par un nouveau courant philosophique et politique humaniste qui présente la démocratie comme le modèle d’organisation politique à atteindre. La démocratie, qui existe en partie au Royaume-Uni, est instaurée en France après la Révolution française de 1789 sous la forme d’une première république. La révolution d’un peuple face à la monarchie ne mène pas nécessairement à l’instauration durable d’un régime démocratique. Par exemple, Napoléon Bonaparte renforce son emprise sur les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire lorsqu’il devient empereur des Français en 1804.

À partir du 17e siècle, certains Britanniques œuvrent...

Source : Thomas Rowlandson et al., La Chambre des Communes au Parlement du Royaume-Uni (1808), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

À partir du 17e siècle, certains Britanniques œuvrent...

À partir du 17e siècle, certains Britanniques œuvrent au sein du cadre que leur fournit la monarchie constitutionnelle pour mettre en place un régime plus démocratique. Par exemple, les Britanniques qui sont élus comme députés cherchent à acquérir ou défendre leurs droits politiques individuels en fonction de la constitution, sans remettre en question l’existence de la royauté. La défense de ces droits prend appui sur le libéralisme, une idéologie qui se fonde sur des valeurs comme la défense de l’égalité des individus, le progrès matériel, la liberté de pensée, le bonheur individuel et la séparation de l’Église et de l’État.

Encadré définition libéralisme

Au plan politique, le libéralisme s’exprime par la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire en vue notamment d’encadrer le pouvoir de l’État, contrairement à un système autoritaire dans lequel le pouvoir est sans limites. Le libéralisme politique s’incarne dans une structure politique qui permet de défendre les libertés individuelles et qui offre la possibilité : 

  • pour les citoyens d’élire leurs représentants;
  • pour les représentants élus de former le gouvernement;
  • pour les partis politiques de débattre entre eux afin d’adopter des lois qui correspondent aux intérêts des électeurs.
Au Bas-Canada, la création d’une chambre d’assemblée...

Source : James Duncan, L’intérieur du Parlement du Bas-Canada à Montréal (vers 1848), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

Au Bas-Canada, la création d’une chambre d’assemblée...

Au Bas-Canada, la création d’une chambre d’assemblée en 1791 témoigne de l’influence du libéralisme politique malgré les limites qu'impose l’Acte constitutionnel aux libertés politiques des députés. En effet, la population peut élire des représentants, mais les représentants ne forment pas le gouvernement, car le gouverneur conserve son emprise sur le pouvoir exécutif. De plus, même si les députés du Bas-Canada peuvent se regrouper au sein de partis politiques pour débattre de l’adoption des lois, ces lois peuvent facilement être refusées par le conseil législatif ou le gouverneur.

2.2 LES TENSIONS ET LES CONFLITS POLITIQUES AU-DELÀ DU PARLEMENT

Source : Sir George Sipp, Groupe de Canadiens (vers 1840), Bibliothèque et Archives Canada, 2898582. Licence : domaine public.

2.2 LES TENSIONS ET LES CONFLITS POLITIQUES AU-DELÀ DU PARLEMENT

Avec l’Acte constitutionnel, l’implication politique du plus grand nombre prend de plus en plus d’importance pour les Canadiens. La création d’une chambre d’assemblée élue renforce l’appartenance politique des habitants à la colonie et à la couronne britannique. Les luttes au sein du Parlement illustrent également l’émergence d’un nationalisme canadien qui s’oppose au nationalisme britannique. En plus des débats politiques au Bas-Canada, les relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis et les Premières Nations demeurent une source de tensions et de conflits tout au long de la période.

La guerre anglo-américaine de 1812

Source : Auguste étienne François Mayer, Combat glorieux du vaisseau le Bucentaure contre trois vaisseaux anglais, 21 octobre 1805 (1836), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

La guerre anglo-américaine de 1812

Au début du 19e siècle, l’Empire britannique et l’Empire français s’affrontent dans le contexte des guerres napoléoniennes pour devenir la principale puissance politique et économique en Europe. Du côté de la France, Napoléon compte sur la force et la rapidité de l’armée terrestre française pour prendre le contrôle de territoires. La Grande-Bretagne s’appuie plutôt sur sa puissance navale pour protéger son territoire, envahir les colonies françaises dans les Antilles et empêcher la France de commercer avec l’Amérique. Le blocus qu’impose Napoléon en Europe à partir de 1806 oblige la Grande-Bretagne à réorganiser ses réseaux de commerce maritime en se fiant davantage à l’Amérique.

Pour limiter les effets du blocus de Napoléon,...

Source : William Heath, Abordage et capture du vaisseau américain Chesapeake par le navire britannique Shannon en 1813 (1816), Bibliothèque et Archives Canada, 2895057. Licence : domaine public.

Pour limiter les effets du blocus de Napoléon,...

Pour limiter les effets du blocus de Napoléon, la Grande-Bretagne déclare tout commerce avec la France illégal, même pour les États-Unis qui se déclarent pourtant neutres dans le conflit. Dans l’océan Atlantique, la Grande-Bretagne intercepte les navires américains pour les fouiller afin de prendre possession des produits français ou de capturer les déserteurs qu’ils transportent. De plus, les Britanniques forcent plusieurs marins américains, souvent d’anciens sujets britanniques maintenant citoyens des États-Unis, à s’engager dans la marine royale britannique.

En plus des tensions en mer, les Britanniques...

Source : John Bower, Vue du bombardement du Fort McHenry aux États-Unis par la flotte britannique, 13 septembre 1813 (vers 1819), Library of Congress, 2013645001. Licence : domaine public.

En plus des tensions en mer, les Britanniques...

En plus des tensions en mer, les Britanniques continuent de soutenir les Premières Nations à l’ouest des Grands Lacs qui luttent contre l’expansion des États-Unis. Cette alliance diplomatique pousse les dirigeants américains à déclarer la guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Les Américains optent pour une stratégie militaire sur deux fronts : une guerre navale contre les vaisseaux britanniques et une guerre terrestre pour envahir les colonies du Haut-Canada et du Bas-Canada.

En raison de leur serment de fidélité...

En raison de leur serment de fidélité à la couronne britannique, les populations du Haut-Canada et du Bas-Canada doivent contribuer à la guerre contre les États-Unis. Appuyés par l’armée britannique, la milice canadienne et les membres de certaines nations autochtones défendent la frontière contre plusieurs invasions américaines. La plupart des batailles terrestres ont lieu dans le Haut-Canada, mais un des objectifs de l’armée américaine est de prendre possession de Montréal. En 1813, les troupes américaines traversent ainsi la frontière vers le Bas-Canada et remontent la rivière Châteauguay à partir de l’état de New York. Le régiment de « Voltigeurs canadiens » mené par Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry repousse l’attaque américaine et empêche la prise de Montréal.

En raison de leur serment de fidélité...

Source : Auteur inconnu, Plan de la bataille de Châteauguay gagnée par les Canadiens français, le 26 octobre 1813 (1862), Bibliothèque et Archives Canada, 4126688. Licence : domaine public.

En raison de leur serment de fidélité...

Source : E. H. de Holmfield, La bataille de Châteauguay, 26 octobre 1813 (1896), Six Nations Public Library. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

Malgré l’engagement des Canadiens, une...

Malgré l’engagement des Canadiens, une partie de la population remet en question la conscription des miliciens de 18 à 30 ans. Par exemple, plusieurs dizaines de cultivateurs de Montréal se mobilisent contre la conscription ainsi que les conditions de vie des miliciens et l’emprisonnement des déserteurs. Leur contestation donne lieu à des émeutes qui mènent à l’arrestation de plusieurs hommes et leur condamnation à des amendes ou à la prison. Cet évènement témoigne de la divergence d'opinions entre les Canadiens qui s’opposent à la conscription et ceux qui la soutiennent comme le clergé catholique et les membres de la bourgeoisie canadienne.

Somme toute, malgré quelques victoires...

Source : Amédée Forestier, Cent ans de paix, 1814 (1914), Bibliothèque et Archives Canada, 2898136. Licence : domaine public.

Somme toute, malgré quelques victoires...

Somme toute, malgré quelques victoires dans le Haut-Canada, les États-Unis échouent à envahir les deux Canada. La guerre prend fin avec la signature d’un traité de paix à Gand en Belgique le 24 décembre 1814. La Grande-Bretagne conserve le Haut-Canada et le Bas-Canada comme colonies.

Les relations diplomatiques avec les Premières Nations

Source des données : Auteur inconnu, « L'exposition des contributions des Autochtones à la guerre de 1812 », Gouvernement du Canada, dernière mise à jour le 15 février 2016, page consultée le 10 janvier 2024.

Source du tableau : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Les relations diplomatiques avec les Premières Nations

Les Autochtones participent à la guerre anglo-américaine de 1812 pour résister à l’avancée des colons américains et à l’expansion territoriale des États-Unis vers l’Ouest. De leur côté, les Britanniques considèrent que les alliances avec les Autochtones sont nécessaires au plan stratégique. Avant le début du conflit, les autorités coloniales s'appuient sur le Département des Affaires indiennes pour renforcer les alliances avec les Premières Nations.

Icono village

Source : Sempronius Stretton, Vue d'un village Mohawk (vers 1805), Bibliothèque et Archives Canada, 4343659. Licence : domaine public.

Icono village

À la fin de la guerre anglo-américaine,...

Source : Francis Hall, Le chantier naval et la citadelle de Kingston, vus d’un village autochtone (1816), Bibliothèque et Archives Canada, 2895747. Licence : domaine public.

À la fin de la guerre anglo-américaine,...

À la fin de la guerre anglo-américaine, les États-Unis et les Britanniques conservent leurs territoires respectifs. La paix et le rétablissement des frontières entrainent la reprise de l’avancée des colons américains vers l’Ouest, ce qui oblige les Premières Nations du côté des États-Unis à choisir entre la migration ou la résistance. Du côté des possessions britanniques, les autorités coloniales réorientent leurs relations diplomatiques avec les Premières Nations. En plus de négliger leurs alliances avec les Autochtones, les Britanniques cherchent eux aussi à intensifier la colonisation du territoire en incitant les Premières Nations à céder leurs terres. Le Département des Affaires indiennes encourage la cession des terres à la couronne britannique par l’entremise des agents des Indiens. Ceux-ci sont responsables d’implanter les mesures d'assimilation comme la création de réserves dans la deuxième moitié du 19e siècle.