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Récitus Histoire
Récitus Histoire

1945 - 1980

Le syndicalisme et les fronts communs
Mouvements sociaux

3. Le syndicalisme et les fronts communs

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Source : Henri Rémillard, Manifestation inter-centrale lors de la Journée de la femme, Parc Préfontaine, sortie du métro Préfontaine, Montréal (1979), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, E6,S7,SS1,D790277-790278. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

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Texte et tableau : Entre 1960 et 1980,

Les effectifs des syndicats au Québec, 1941-1981

Le pourcentage de salariés syndiqués passe de 20,7 % en 1941 à 37,6 % en 1981.

 

Source des données : Jacques Rouillard, « Annexe 1 » et « Annexe 2 », Le syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 2004, p. 285-290.

Source du tableau : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Texte et tableau : Entre 1960 et 1980,

Entre 1960 et 1980, de plus en plus de travailleurs deviennent membres de syndicats et le mouvement syndical devient progressivement laïque. L’accroissement marqué des effectifs syndicaux est entre autres lié au fait que les employés de l’État sont de plus en plus nombreux.

Le nombre de grèves et de lock-outs est aussi en hausse significative par rapport à la période duplessiste. Alors qu’on observe en moyenne 33 conflits de travail par année entre 1951 et 1955, on en compte 246 entre 1971 et 1975, ce qui représente une augmentation de 745 % en 20 ans.

Texte et image : Les centrales internationales et canadiennes

Source : Antoine Desilets, Grèves et manifestations (entre 1960 et 1970), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D55. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

Texte et image : Les centrales internationales et canadiennes

Les centrales internationales et canadiennes défendent les intérêts des travailleurs québécois depuis le début du 20e siècle, mais l’après-guerre voit la formation de centrales syndicales d’origine provinciale. Dans les années 1960, les syndicats se regroupent donc dans des centrales syndicales québécoises et laïques comme la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des enseignants du Québec (CEQ). Ces centrales permettent d'unifier les travailleurs québécois face au patronat et de porter leurs revendications auprès de l’État québécois.

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Intention

Identifier des revendications et des gains du mouvement syndical pour la syndicalisation des employés de l’État.

3.1 LA SYNDICALISATION DES EMPLOYÉS DE L’ÉTAT

Dans la foulée de la Révolution tranquille, des employés de la fonction publique forment un syndicat pour revendiquer le droit de faire la grève, de négocier une convention collective et de s’affilier aux centrales syndicales. En 1964, l’adoption du Code du travail par le gouvernement de Jean Lesage reconnait entre autres le droit de grève à la plupart des fonctionnaires provinciaux. Grâce à cette loi, les travailleurs du secteur public comme les infirmières et les enseignants peuvent envisager un arrêt de travail lorsque les négociations collectives avec l’État québécois ne satisfont pas leurs revendications. Dans le secteur privé, le Code du travail devient aussi le principal document légal encadrant les relations entre les travailleurs syndiqués et leur employeur.

À la fin des années 1960, les fonctionnaires multiplient, image

Source : Henri Rémillard, Colloque de la FTQ, hôtel Mont-Royal, Montréal (1979), BAnQ, E6,S7,SS1,D790425-790426. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

À la fin des années 1960, les fonctionnaires multiplient, image

À la fin des années 1960, les fonctionnaires multiplient les syndicats et rejoignent les rangs des centrales syndicales comme la CSN, ce qui modifie les orientations du syndicalisme québécois. En plus de défendre les conditions de travail de leurs membres, les centrales intensifient leur action sociale et politique notamment en prenant position sur les débats qui animent la société québécoise. Par exemple, lors des élections provinciales de 1976, la Fédération des travailleurs du Québec recommande de voter pour le Parti québécois, alors que la Confédération des syndicats nationaux propose de s’abstenir de voter pour le Parti libéral.

intention front commun

 Identifier des revendications et des gains des fronts communs des années 1970.

3.2 LES FRONTS COMMUNS DES ANNÉES 1970

Source : Michel Giroux, Rassemblement du Front Commun du secteur public au Forum de Montréal le 7 mars 1972 (1972), Archives de la Confédération des syndicats nationaux, en ligne sur Wikimedia Commons. Licence : Creative Commons (BY-SA).

3.2 LES FRONTS COMMUNS DES ANNÉES 1970

Dans les années 1970, la FTQ, la CSN et la CEQ organisent trois fronts communs à différents moments. Un front commun, c’est une alliance entre plusieurs centrales syndicales qui permet de renforcer leur pouvoir de négociation face au gouvernement québécois. En 1972, un premier front commun implique 200 000 employés de la fonction publique québécoise, parmi lesquels comptent des fonctionnaires, des enseignants et des infirmières. Ces travailleurs revendiquent une hausse du salaire minimum dans le secteur public. Les syndiqués poursuivent aussi leur action sociale en protestant contre l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Le gouvernement libéral de Robert Bourassa refuse toutefois d’accorder l’augmentation salariale demandée par le front commun, ce qui incite les centrales syndicales à déclencher une grève générale illimitée.

Le gouvernement québécois riposte en adoptant une, image gauche

Source : Michel Giroux, Piquetage du Front commun de 1972, le 11 avril 1972 (1972), Archives de la Confédération des syndicats nationaux, en ligne sur Wikimedia Commons. Licence : Creative Commons (BY-SA).

Le gouvernement québécois riposte en adoptant une, image gauche

Le gouvernement québécois riposte en adoptant une loi qui exige le retour au travail. Les dirigeants des centrales syndicales demandent aux grévistes de désobéir à cette loi, un appel à la désobéissance civile qui mène à leur emprisonnement. À l’issue de ce conflit de travail, les employés de la fonction publique réalisent plusieurs gains, dont une hausse de la rémunération hebdomadaire minimum d’environ 30 % et une indexation des salaires au coût de la vie.

Pour leur part, les fronts communs de 1975 et de 1979 permettent d’obtenir de nouvelles augmentations salariales pour de nombreux travailleurs du secteur public et engendrent l’instauration d’un congé de maternité de 17 semaines, puis de 20 semaines, pour les femmes.

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Intention

Identifier les gains obtenus par le mouvement syndical avec la modification du Code du travail et l’adoption de la Loi sur les normes du travail.

3.3 LA MODIFICATION DU CODE DU TRAVAIL

Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

3.3 LA MODIFICATION DU CODE DU TRAVAIL

En 1977, le gouvernement, image

Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

En 1977, le gouvernement, image

En 1977, le gouvernement du Parti québécois remplit l’une de ses promesses électorales en modifiant le Code du travail. Cette réforme satisfait les syndicats puisqu’elle interdit l’embauche de briseurs de grève et elle exige que les employeurs engagent de nouveau les travailleurs à la suite d’un conflit de travail. De plus, le Code du travail oblige les entreprises québécoises au sein desquelles existe un syndicat à retenir un montant d’argent du chèque de paie des travailleurs afin de financer ce syndicat. Ce prélèvement de la cotisation syndicale à la source, aussi nommé la formule Rand, représente un gain majeur pour les syndicats, qui portaient cette revendication depuis la fin des années 1940.

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Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

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Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

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En 1980, le gouvernement du Parti québécois comble d’autres revendications syndicales avec l'adoption la Loi sur les normes du travail. Cette loi établit une série de normes qui s’appliquent à la majorité des salariés, ce qui inclut même les travailleurs non syndiqués. Ces normes contribuent à l’amélioration des conditions économiques de l’ensemble de la population québécoise puisque le gouvernement québécois instaure désormais le salaire minimum et que les employeurs doivent dorénavant majorer le salaire de leurs employés lorsqu’ils travaillent plus de 44 heures. Le gouvernement québécois crée aussi la Commission des normes du travail, un organisme responsable d’assurer la mise en application des normes de travail dans les entreprises, de renseigner les travailleurs sur ces normes et d’imposer des amendes aux entreprises privées qui contreviennent à la loi.

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Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

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Source : Antoine Désilets, Travailleurs/Métiers (entre 1972 et 1974), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P697,S1,SS1,SSS18,D118. Licence : Creative Commons (BY-NC-ND).

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