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Récitus Histoire
Récitus Histoire

1608 - 1760

La guerre de la Conquête (1754-1760)
Diplomatie et guerre

3. La guerre de la Conquête (1754-1760)

Intention

Mettre en relation la guerre de la Conquête et le contexte européen et décrire des évènements marquants de cette guerre coloniale.

Guerre de la Conquête

Texte et image : Au 18e siècle

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Texte et image : Au 18e siècle

Au 18e siècle, les autorités coloniales françaises et britanniques convoitent la vallée de l'Ohio qui se situe au sud du lac Érié. Cette vallée représente un territoire occupé par les Premières Nations de même qu’une région frontalière entre la Nouvelle-France et les Treize colonies. Les Français s’établissent dans la vallée de l’Ohio pour la traite des fourrures en construisant des comptoirs commerciaux parfois dotés de fortifications. Malgré cette présence française, les Britanniques fondent la compagnie de l’Ohio en 1747 pour amorcer le peuplement et l’exploitation de la vallée.

Texte et image : Au début des années 1750

Source : John Henry Walker, Prise du fort d’Oswego les Français en 1756 (entre 1877 et 1879), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0002729399. Licence : domaine public.

Texte et image : Au début des années 1750

Au début des années 1750, les Français multiplient leurs expéditions militaires pour repousser les colons britanniques de la vallée de l’Ohio. En 1754, le gouverneur de la Virginie envoie une milice menée par George Washington pour attaquer les troupes françaises menée par le sieur de Jumonville. Des miliciens canadiens et leurs alliés autochtones ripostent par des raids sur des forts et des villages anglais. Même si les métropoles européennes ne sont pas en guerre, les évènements de 1754 marquent le début de la guerre de la Conquête entre la Nouvelle-France et les Treize colonies.

3.1 L'EUROPE ET LA GUERRE DE SEPT ANS

Source : G. Stettner, Bataille de Crevelt ou le Comte de Clermont est battu par les Hanovriens (1758), Bibliothèque nationale de France. Licence : domaine public.

3.1 L'EUROPE ET LA GUERRE DE SEPT ANS

Les rivalités coloniales en Amérique contribuent à alimenter les hostilités entre la Grande-Bretagne et la France. Ce sont toutefois les conflits territoriaux en Europe qui plongent les royaumes européens dans une guerre ouverte. La guerre de Sept Ans éclate donc en Europe en 1756, soit deux ans après le début de la guerre de la Conquête en Amérique. Lorsque cette guerre est déclenchée, la France, la Prusse et l’Espagne s’opposent à la Grande-Bretagne, l’Autriche et l’Empire russe. En plus des affrontements en Europe et en Amérique, certaines batailles de la guerre de Sept Ans se déroulent aussi dans les colonies d’Afrique et d’Asie.

Texte et image : Les empires français

Source : Auteur inconnu, Combat naval de Mahon dans lequel l'Escadre de France commandée par le Marquis de La Galissonière, lieutenant général des Armées navales, remporta la victoire sur celle d'Angleterre aux ordres de l'amiral Bing (1756), Bibliothèque nationale de France. Licence : domaine public.

Texte et image : Les empires français

Les empires français et britanniques agissent dans ce conflit en fonction de leurs forces et faiblesses. D’une part, les Français ont de la difficulté à vaincre les Britanniques sur les mers, ce qui les pousse à concentrer leur effort de guerre en Europe. Pour ce faire, la France s’appuie sur sa puissante armée de terre formée de près de 280 000 hommes. D’autre part, les Britanniques ont à leur disposition une armée de terre d’environ 60 000 hommes, ce qui les incite à miser sur leur imposante marine de guerre et à se concentrer sur la guerre dans les colonies.

3.2 LA DÉPORTATION DES ACADIENS

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

3.2 LA DÉPORTATION DES ACADIENS

En plus des affrontements en Ohio, la guerre se manifeste sur les côtes de l’océan Atlantique en Acadie. Même si les Britanniques contrôlent l’Acadie depuis le traité d’Utrecht de 1713, cette région est majoritairement peuplée par des colons d’origine française que l’on nomme les Acadiens. Durant les guerres intercoloniales, les Acadiens cherchent à rester neutre, ce qui ne convient pas aux autorités britanniques qui craignent un soulèvement des Acadiens en soutien à la colonie française.

Texte et image : En 1755, les Acadiens

En 1755, les Acadiens refusent à nouveau de soutenir les Britanniques en refusant de prêter allégeance au roi de Grande-Bretagne. La résistance des Acadiens ne convient pas aux Britanniques, qui décident d’incendier leurs villages et leurs champs en plus d’amorcer leur déportation vers les Treize colonies, les Antilles et l’Europe.

Texte et image : En 1755, les Acadiens

Source : Charles William Jefferys, Lecture de l'ordonnance d'expulsion des Acadiens dans l'église de Parish à Grand Pré en 1755 (1920), Bibliothèque et Archives Canada, 2897199. Licence : domaine public.

Texte et image : En 1755, les Acadiens

Source : Thomas Davies, Vue sur le pillage et le bombardement de Grimross (1758), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

Texte et image : Entre 1755 et 1760

Source : Service national du RÉCIT, domaine de l’univers social. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

Texte et image : Entre 1755 et 1760

Entre 1755 et 1760, les Britanniques déportent plus de 10 000 Acadiens, ce qui conduit à la mort de milliers de personnes en raison des maladies et des famines qui surviennent lors de leur transport en bateau. Certains Acadiens réussissent à s’échapper en se réfugiant chez les Mi’gmaqs ou dans la vallée du Saint-Laurent. D’autres s’installent dans l’actuel territoire du Nouveau-Brunswick, alors sous influence française. Peu de temps après l’expulsion des Acadiens, des colons anglais s’installent dans l’ancienne Acadie pour y cultiver les terres maintenant vacantes.

3.3 LA PRISE DE LOUISBOURG ET LES AVANCÉES BRITANNIQUES

Source : Samuel Blodget, Une vue de la bataille du Lac Georges, le 8 septembre 1755, opposant les Français aux Britanniques et aux Mohawks (1768), Norman B. Leventhal Map & Education Center, Boston Public Library, 06_01_008537. Licence : Creative Commons (BY-NC-SA).

3.3 LA PRISE DE LOUISBOURG ET LES AVANCÉES BRITANNIQUES

Entre 1754 et 1758, les Français prennent plusieurs forts britanniques dans la vallée de l’Ohio et ils empêchent les Britanniques d'accéder aux Grands Lacs et à la vallée du Saint-Laurent. Durant ces quatre années, la Nouvelle-France dispose de troupes mieux organisées que celles des Treize colonies et elle entretient un vaste réseau d’alliances avec différentes Premières Nations. Cela dit, les Treize colonies détiennent une population beaucoup plus importante et un plus grand soutien de leur métropole qui dispose d’une imposante marine de guerre. Les Britanniques bénéficient aussi du soutien de leurs alliés iroquois lors de plusieurs batailles.

Texte et image : À la fin des années 1750

Source : Auteur inconnu, Prise de Louisbourg par les Britanniques en 1758 (1760), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0002724411. Licence : domaine public.

Texte et image : À la fin des années 1750

À la fin des années 1750, les Britanniques mobilisent leur marine de guerre pour mettre en place un blocus maritime. Ce blocus vise à limiter la circulation des navires français, ce qui prive la Nouvelle-France de renforts et de marchandises en provenance de la métropole. La flotte britannique contribue également au siège de la forteresse de Louisbourg, un point stratégique qui permet aux Français de contrôler l’accès à la vallée du Saint-Laurent. Après plusieurs semaines de siège, les troupes britanniques s'emparent de la forteresse en juillet 1758. La prise de Louisbourg représente un tournant dans la guerre de la Conquête.

Texte et image : La prise de Louisbourg

Source : Hervey Smith et William Elliot, Vue de la chute de Montmorency et de l'attaque des retranchements françois près de Beauport par le Général Wolfe [...] le 31 juillet 1759 (1760), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0004518192. Licence : domaine public.

Texte et image : La prise de Louisbourg

La prise de Louisbourg permet aux Britanniques d'entamer leurs avancées dans la vallée du Saint-Laurent. Après la fonte des glaces au printemps 1759, une flotte britannique formée de 200 navires avance rapidement sur le fleuve Saint-Laurent. La flotte atteint la région de Québec à la fin du mois de juin 1759. Face à la progression des Britanniques, les autorités françaises donnent l’ordre d’évacuer environ 3 000 familles des paroisses en aval de Québec. De nombreuses familles se réfugient dans les forêts environnantes alors que d’autres refusent d’obéir. Au sein de certaines paroisses, les habitants prennent les armes pour résister aux Britanniques, parfois avec le soutien des miliciens et de leurs alliés autochtones.

3.4 LE SIÈGE DE QUÉBEC ET LA BATAILLE DES PLAINES D'ABRAHAM

À la fin du mois de juin 1759, les troupes du général britannique Wolfe s’installent dans les campagnes à proximité de Québec. Les Britanniques sont toutefois incapables de lancer un assaut direct sur la ville fortifiée, ce qui les conduit à bombarder Québec et ses habitants de façon quotidienne. Espérant faire sortir les troupes françaises de la ville, Wolfe fait bruler les récoltes et les villages à proximité. Malgré les stratégies des Britanniques, les Français sous le commandement du général Louis-Joseph de Montcalm décident de maintenir leur position pour défendre la ville de Québec.

3.4 LE SIÈGE DE QUÉBEC ET LA BATAILLE DES PLAINES D'ABRAHAM

Source : Joseph F. W. Des Barres, Plan de Québec et des environs montrant les défenses françaises et les opérations britanniques en 1759 (1779), Norman B. Leventhal Map & Education Center, Boston Public Library, 06_01_004953. Licence : domaine public.

3.4 LE SIÈGE DE QUÉBEC ET LA BATAILLE DES PLAINES D'ABRAHAM

Source : Joseph F. W. Des Barres, Plan de Québec et des environs montrant les défenses françaises et les opérations britanniques en 1759 (1779), Norman B. Leventhal Map & Education Center, Boston Public Library, 06_01_004953. Licence : domaine public.

Texte et image : Le siège de Québec

Source : Hervey Smith et Peter Benazech, Vue de la ville de Québec, capitale du Canada (1760), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0004518199. Licence : domaine public.

Texte et image : Le siège de Québec

Le siège de Québec se prolonge durant tout l’été de 1759, mais les Français résistent aux attaques des Britanniques. Au mois de septembre, la situation est critique tant pour les assaillants que pour les assiégés. Du côté français, la nourriture commence à manquer et le moral des troupes du général Montcalm en souffre. Du côté anglais, c’est l’arrivée de l’hiver qui préoccupe le général Wolfe. Celui-ci sait bien qu’il doit lever le siège de la ville avant que les glaces recouvrent le fleuve et que la famine frappe les soldats britanniques, mal préparés à affronter l’hiver en terrain hostile.

Texte et image : Le 13 septembre

Source : Auteur inconnu, Vue de la prise de Québec le 13 septembre 1759, selon une esquisse d'Hervey Smith (1797), Wikimedia Commons. Licence : domaine public.

Texte et image : Le 13 septembre

Le 13 septembre 1759, les troupes britanniques tentent une ultime tentative afin de prendre la ville. Le général Wolfe envoie alors environ 4 500 soldats gravir la falaise de l’Anse au Foulon durant la nuit pour atteindre les plaines d’Abraham. Alerté de cette attaque surprise, le général Montcalm déploie alors environ 4 000 combattants, parmi lesquels comptent près 2000 miliciens canadiens et guerriers autochtones. On retrouve parmi les alliés autochtones des Iroquois des villages domiciliés, des Hurons-Wendats, des Abénakis, des Mi’gmaqs, des Wolastoqiyik et même des peuples venus des Prairies.

Texte et image : La bataille des Plaines d’Abraham

Source : Balthazar Friedrich Leizelt, Vue de Québec (1776), Bibliothèque nationale de France. Licence : domaine public.

Texte et image : La bataille des Plaines d’Abraham

La bataille des Plaines d’Abraham se déroule rapidement et les hostilités du 13 septembre prennent fin vers midi. Cette bataille fait des centaines de victimes dans les deux camps, dont le général Wolfe tué sur place et le général Montcalm, gravement blessé, qui meurt le lendemain. La victoire des Britanniques sur les Plaines d’Abraham force les Français à capituler, la ville de Québec étant désormais sous occupation anglaise.

3.5 LA BATAILLE DE SAINTE-FOY ET LA FIN DE LA GUERRE

Source : George Bryant Campion, Représentation de la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760 (vers 1850), Bibliothèque et Archives Canada, 2895954. Licence : domaine public.

3.5 LA BATAILLE DE SAINTE-FOY ET LA FIN DE LA GUERRE

Durant l’hiver 1759, les Britanniques occupent Québec et ses environs, mais les Français contrôlent toujours Montréal et ils préparent leur riposte. Des soldats français, des miliciens canadiens et leurs alliés autochtones lancent une attaque sur Québec en avril 1760. Les troupes britanniques cherchent alors à intercepter les troupes françaises à la hauteur de Sainte-Foy, à proximité de Québec. La bataille de Sainte-Foy tourne rapidement à l'avantage des Français, ce qui contraint les Britanniques à se replier derrière les murs de Québec.

Texte et image : Malgré la victoire

Source : Adam Sheriff Scott, L’arrivée des soldats britanniques à Montréal, 1760 (1928), Bibliothèque et Archives Canada, 202202. Licence : domaine public.

Texte et image : Malgré la victoire

Malgré la victoire des Français à Sainte-Foy, ceux-ci doivent abandonner leur tentative de reprendre Québec, car des navires britanniques arrivent peu de temps après. Les Britanniques remontent alors le Saint-Laurent vers Montréal et contraignent les Français à rendre les armes en septembre 1760, ce qui met fin à la guerre de la Conquête. Après la capitulation de Montréal, la vallée du Saint-Laurent en entier est sous occupation anglaise, mais il faut attendre la fin de la guerre de Sept Ans en Europe en 1763 pour connaitre le sort de la Nouvelle-France.

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